Musical Theatre in Europe 1830-1945

Dir. Michela Niccolai et Clair Rowden

le 11/01/2018

par Chantal Cazaux

Turnhout, Brepols, 2017, 479 p., 110 €

Signalons ce nouveau volume de la collection Speculum Musicae chez Brepols, recueil d’articles musicologiques dont on s’étonne qu’ils n’aient pas été regroupés sous le titre du colloque dont la plupart d’entre eux sont issus, The Théâtre musical léger in Europe : From the Operetta to the Music-hall (Lucca, oct. 2015). En ôtant de cet intitulé certes roboratif l’adjectif « léger » et ses bornes génériques, l’ouvrage promet en couverture un champ de recherche bien plus vaste que celui véritablement traité. En fait, il se concentre bien sur cinq domaines renvoyant précisément au répertoire léger (quoique n’en proposant qu’un panorama arbitrairement circonscrit plutôt que systématique) : la revue de fin d’année, Offenbach, les parodies d’opéra, l’opérette (viennoise et anglaise) et son appropriation politique. Un cinquième chapitre (« Theatrical and Musical Practices ») accueille des contributions plus disparates encore (sur le Petit-Théâtre de la Marionnette, le fonds de l’Association de la Régie Théâtrale, Un signore senza pace de Dino Rulli ou le phénomène de la « femme exotique » dans l’Italie des années 1910-1940), chacune intéressante en soi mais dont l’ensemble témoigne de cet exercice périlleux qu’est la publication d’actes de colloques où la juxtaposition de recherches singulières peine à former dialectique collective et où celle d’études pointues ne fait pas étude globale du sujet. Les polyglottes (les textes sont en anglais, français, espagnol, allemand et italien) curieux y trouveront en tout cas de riches travaux concernant le genre de la revue de fin d’année (O. Bara, E. Sherr et A. Maras), Offenbach (J. Blaszkiewicz pour Mesdames de la Halle, S. Schroedter pour son rapport à la danse), les parodies de Faust (C. Rowden) ou Lohengrin (J.I. Suárez García), l’opérette viennoise (M. Linhard), anglaise (C. Sheer, William A. Everett et John Snelson), italienne (N. Matsumoto), portugaise (M. J. Artiaga), croate (L. Durakovic) et espagnole (M. Lerena) – certes pas généralistes, ce n’est pas l’objet de ce type d’ouvrage, mais au contraire abordant leur sujet sous des angles extrêmement pointus. Avis aux amateurs !

C.C.