Attila

Verdi

le 19/09/2013

par Chantal Cazaux

Ildar Abdrazakov (Attila), Vladislav Sulimsky (Ezio), Anna Markarova (Odabella), Sergei Skorokhodov (Foresto), Mikhail Makarov (Uldino), Timur Abdikeyev (Leone). Chœur et orchestre du Théâtre Mariinsky, dir. Valery Gergiev, mise en scène : Arturo Gama (Saint-Pétersbourg 2010).
DVD Mariinsky MAR0534. Distr. Culture Comm.

C'est pour la baguette de Valery Gergiev qu'on regardera principalement cet Attila : d'un prélude acerbe et ténébreux aux atmosphères changeantes du Songe d'Attila, de la magistrale tempête du Prologue aux scènes puissantes menant à la mort du Hun, sa direction fait mouche et emporterait l'auditeur de la première à la dernière note si l'orchestre était plus exact et mieux uni. Manquent toutefois le lyrisme et l'épanchement (par exemple dans l'introduction de l'air d'Odabella), un peu comme manque au plateau vocal réuni - solide et équilibré - une italianité de projection et une versatilité d'inflexions, bien qu'il soit à la mesure de la partition. Si l'on remarque particulièrement l'Odabella d'Anna Markarova, aussi ample de matériau que précise de vocalise - donc de bel impact dans ce rôle redoutable -, si les clés de fa et le ténor remplissent leur contrat sans faillir, leur placidité ne peut faire oublier Ramey, Zancanaro et Studer à Milan en 1991 (Muti / Savary chez Brilliant), d'autant que la prononciation fait globalement défaut à cette équipe slave (Ezio surtout, proprement incompréhensible). Illustrative, sans excès mais sans fulgurance, la mise en scène passe, rate l'effet final et laisse peu de souvenirs. Par curiosité.

C.C.