Benvenuto Cellini

Berlioz

le 12/10/2020

par Didier van Moere

Michael Spyres (Benvenuto Cellini), Sophia Burgos (Teresa), Maurizio Muraro (Giacomo Balducci), Lionel Lhote (Fieramosca), Tareq Nazmi (Le Pape Clément VII), Adèle Charvet (Ascanio), Vincent Delhoume (Francesco), Ashley Riches (Bernardino), Monteverdi Choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. Sir John Eliot Gardiner (live Versailles, 8 septembre 2019).
DVD Château de Versailles Spectacles 020. Présentation bilingue (fr., angl.). Distr. Outhere.

Benvenuto Cellini dirigé par Sir John Eliot à l’Opéra royal de Versailles, devant la reconstitution d’un splendide décor de 1837, dû au célèbre Ciceri, quoi de plus excitant ? On est pourtant un tantinet déçu. La captation ne rend sans doute pas totale justice à la direction fougueuse et fouillée, sans vis comica néanmoins, du chef anglais, qui a regardé la partition au fond des yeux : son orchestre sonne un peu sec. La mise en espace de Noa Naamat se contente de son côté de raconter l’histoire, dans une aimable et efficace convention - jusqu’à un Carnaval trémoussé qui sent le déjà-vu. Mais Michael Spyres est exemplaire, le meilleur avec John Osborn aujourd’hui pour ce genre d’emploi, des décennies après Nicolai Gedda. Beauté du timbre et de la ligne, assimilation parfaite des canons du style français, le panache aussi, tout y est – on passera sur le contre-ut étranglé de l’air du troisième acte. Son rival Fieramosca trouve en Lionel Lhote le meilleur interprète qui soit, qui n’a guère à envier à un Laurent Naouri. Même si le grave pourrait être plus nourri, le mezzo jeune et clair d’Adèle Charvet excelle en Ascanio facétieux. Le père et la fille, en revanche, laissent à désirer : Sophia Burgos, aussi charmante soit-elle, est trop limitée pour Teresa et Maurizio Muraro, dont on distribue obstinément le Balducci, d’un exotisme incongru là où on trouverait facilement une basse française. Personnage non moins important de l’œuvre, le Monteverdi Choir se montre fidèle à lui-même, excellent donc. Un très bel ensemble certes, avec des rôles secondaires parfaits, mais, si vous voulez voir Benvenuto, la version prioritaire reste plutôt celle d’Amsterdam, dirigée par Sir Mark Elder.


Didier van Moere