Mélodies, airs, ouvertures

Moniuszko

le 22/07/2020

par Didier van Moere

Anaklasis Heritage ANA 006 (3 CD). Présentation et textes bilingues (pol., angl.). Distr. PWM.

Tous sont les témoins d’une grande époque du chant polonais, réunis dans ce coffret de trois CD regroupant des mélodies, des airs issus de versions intégrales et des ouvertures de Moniuszko. Certes on conviendra qu’un Ochman hier, qu’un Beczała aujourd’hui sont plus raffinés que Paprocki. Ou que la Halka de Barbara Kostrzewska est bien pincée. Mais Antonina Kawecka est une des meilleures de la discographie. Le baryton Marian Woźnickzo porte beau dans Halka ou Le Manoir hanté, où Ładysz est grandiose. À l’anthologique Hiolski reviennent les mélodies du Chansonnier pour la maison, ainsi qu’à la remarquable Maria Kunińska-Opacka, qui sait, comme lui, trouver le chemin de cette simplicité raffinée faisant de Moniuszko l’héritier polonais de Schubert. Pour comparer avec des mélodies connues issues d’autres plumes, écoutez-le dans la version polonisée du « Kennst du das Land » [« Znaszli ten kraj »], écoutez-la dans le Chant d’Ophélie. Walerian Bierdiajew et Grzegorz Fitelberg dirigent les Ouvertures. Le premier est un vrai chef de théâtre, qui sait créer des atmosphères : en témoignent celles de Halka et du Manoir hanté, tirées de ses intégrales des années 1950, ainsi que l’Ouverture fantastique Bajka, petit poème symphonique en réalité, fleuron de la musique polonaise du premier dix-neuvième siècle. Le second, qui fut « le » chef de Szymanowski, sait aussi l’art de tendre l’arc, baguette claire et ferme pour les ouvertures de Paria, Verbum nobile et Le Batelier – passionnante confrontation avec Górzyński ici.

Ce CD est produit par les Éditions polonaises de musique de Cracovie, dans le cadre de la toute nouvelle collection Anaklasis, qui œuvre à la diffusion de la musique polonaise, qu’elle relève du patrimoine ou de la création contemporaine.

Didier van Moere