Le Comte de Luxembourg

Lehar

le 12/08/2017

par Louis Bilodeau

Daniel Behle (René, comte de Luxembourg), Camilla Nylund (Angèle Didier), Simon Bode (Armand Brissard), Louise Alder (Juliette Vermont), Sebastian Geyer (le prince Basil Basilowitsch), Margit Neubauer (la comtesse Stasa Kokozow). Orchestre et Chœur de l'Opéra de Francfort, dir. Eun Sun Kim (live décembre 2015-janvier 2016).

CD Oehms Classics OC 968. Notice en allemand et en anglais ; pas de livret. Distr. Outhere.

 

Donné en version de concert à Francfort et à Cologne, ce Comte de Luxembourg marque les débuts discographiques de la Coréenne Eun Sun Kim, jeune chef d'orchestre qui dirige la partition de Lehár avec un entrain contagieux et la juste dose de sentimentalité inhérente à ce type d'ouvrage. L'énergie, le rythme, la tendresse et l'humour sont parfaitement équilibrés sous sa direction toujours soucieuse du bon rapport entre la fosse et le plateau.

En l'absence des dialogues, l'action est menée tambour battant et servie par une remarquable équipe de chanteurs qui offrent une sérieuse concurrence à celle réunie par EMI en 1968 sous la direction de Willy Mattes. Si Daniel Behle et Camilla Nylund ne font pas oublier leurs illustres devanciers Nicolai Gedda et Lucia Popp, ils forment néanmoins un couple fort bien apparié et aux insignes qualités vocales. Grand styliste reconnu notamment pour ses interprétations de Lieder et de musique baroque, Daniel Behle est un René de luxe au goût très sûr et aux aigus d'un bel éclat. Camilla Nylund possède une voix dont le format wagnérien et le vibrato assez large peuvent étonner dans ce répertoire, mais comment ne pas capituler devant cette opulence et une telle sensibilité musicale ? Dans un registre plus léger, Simon Bode et Louise Alder incarnent de délicieux amoureux grâce à leurs voix pleines de fraîcheur et leur caractère primesautier. Dans le rôle de l'ineffable prince Basilowitsch, Sebastian Geyer réussit à être amusant sans jamais verser dans la caricature ou la vulgarité, tout comme Margit Neubauer, comtesse Kokozow impayable qui, laissant de côté sa technique classique, entonne ses couplets du troisième acte à la manière d'une diseuse de café-concert. En somme, voilà une parution des plus réjouissantes qui, en plus de rassembler d'excellents chanteurs, attire notre attention sur une étoile montante de la direction d'orchestre.

L.B.