Roméo et Juliette

Berlioz

le 01/12/2016

par Didier van Moere

Olga Borodina (mezzo-soprano), Kenneth Tarver (ténor), Evgeny Nikitin (baryton-basse). Ch. et Orch. Symphonique de Londres, dir. Valery Gergiev (live, novembre 2013).

2 SACD LSO 0762. Distr. Harmonia Mundi.

Benvenuto Cellini, Les Troyens, la Fantastique, Harold en Italie, Roméo et Juliette : CD ou DVD témoignent des penchants berlioziens de Valery Gergiev. De là à dire qu'il se situe au sommet... La symphonie dramatique séduit d'abord par les qualités de l'orchestre londonien, avec des cordes au velouté soyeux, idéales pour les nuances et la sensualité de la Scène d'amour. Mais la sonorité semble lissée dans une plasticité narcissique qui empêche la musique d'avancer - cela ne messied pas, néanmoins, au Convoi funèbre de Juliette. Le grand duo orchestral succède d'ailleurs à des pages assez neutres où le chef russe ne semble pas trop savoir où aller. Il faut attendre un Scherzo de la reine Mab sur les pointes, d'une légèreté de touche aérienne, et, plus encore, un Roméo au tombeau visionnaire, d'un romantisme exalté et théâtral, pour que le chef prenne la mesure de la partition. Vocalement, on retiendra surtout le chœur. Côté solistes, on donne dans l'international. Cela nous vaut une Olga Borodina magnifique mais peu idoine, surtout à cause de l'articulation, un Kenneth Tarver facétieux, un Evgeny Nikitin hors jeu malgré une proximité plus grande avec la langue française, à cause de graves qu'il écrase pour tenter de les faire exister et d'une ligne décousue, peu aidé à la fin par un Gergiev pompier. Retour rapide - entre autres - à Monteux pour les anciens, Gardiner pour les modernes.

D.V.M.