Endimione

Michael Haydn

le 10/11/2021

par Olivier Rouvière

Aleksandra Zamojska (Diana), Ulrike Hofbauer (Nice), Lydia Teuscher (Amore), Nicholas Spanos (Endimione), Salzburger Hofmusik, dir. Wolfgang Brunner.
CPO 555 288-2 (2 CD). 2018. 1h53. Notice en anglais. Distr. DistrArt Musique.

Wolfgang Brunner aime la musique de Michael Haydn (1737-1806), frère cadet de Joseph, dont il avait déjà enregistré en 2015, toujours pour CPO, Die Wahrheit der Natur. Ici, c’est sur une oeuvre plus conventionnelle que son choix s’est porté – mais on sait que la cour de l’archevêque Colloredo, dont Haydn était le maître de chapelle, ne brillait pas par son modernisme... Au moment où celui qui devait lui succéder, le jeune Mozart, compose Il Re pastore, sur un livret de l’abbé Métastase, Haydn recourt au même librettiste pour cet Endimione (1776), sérénade en deux parties pour trois sopranos et un castrat alto. Si le texte, vieux d’un demi-siècle, conte les chastes amours de Diane et Endymion de façon bien alambiquée, la partition de Haydn s’avère moins fade que celle composée quatre ans plus tôt sur le même poème par Jean-Chrétien Bach : les mélodies bien dessinées, l’orchestration subtile, l’utilisation efficace du récit accompagné nous valent par exemple un très beau premier air pour l’Amour (coupe mêlant da capo et rondo, entrée tardive de la flûte, relayée par le hautbois), un magnifique “sommeil” d’Endymion suivi d’une cavatine pour Diane introduisant le cor anglais (qui servira ensuite de signature à la déesse de la chasse) et un finale plein d’allant, convoquant un choeur mixte. La direction théâtrale de Brunner sublime climats et contrastes, secondée par un orchestre engagé mais perfectible (l’écriture virtuose de Haydn met à rude épreuve cors et violons!). Hélas, si Ulrike Hofbauer et, surtout, Lydia Teuscher affrontent avec succès leurs piquantes parties, les deux “têtes d’affiche” sont bien pénibles à entendre : le rôle-titre s’avère beaucoup trop tendu pour le contre-ténor Nicholas Spanos, qui écrase ses graves et esquive (difficilement) ses aigus, tandis que la voix rauque, l’émission tubée et le sabir invraisemblable d’Aleksandra Zamojska défigurent celui de Diane. Encore une fois, Brunner démontre qu’il sait mieux choisir son répertoire que ses chanteurs, dommage...

Olivier Rouvière