Coffret Rossini serio (e semiserio)

Rossini

le 22/03/2021

par Chantal Cazaux

Torvaldo e Dorliska (Pesaro 2006 : dir. V.P. Pérez, msc. M. Martone), La gazza ladra (Pesaro 2007 : dir. L. Jia, msc. D. Michieletto), Armida (Gand 2015 : dir. A. Zedda, msc. M. Clément), Ermione (Pesaro 2008 : dir. R. Abbado, msc. D. Abbado), Bianca e Falliero (Pesaro 2005 : dir. R. Palumbo, msc. J.-L. Martinoty), Maometto secondo (Venise 2004 : dir. C. Scimone, msc. P.L. Pizzi), Semiramide (Gand 2011 : dir. A. Zedda, msc. N. Lowery).
Dynamic 37888 (14 DVD). Notice ital./angl. Pas de synopsis. Distr. Outhere.


Autant le coffret Rossini buffo édité simultanément par Dynamic remplit son rôle de « best of di qualità », autant cette compilation semble déséquilibrée : quoi, un coffret Rossini serio sans Tancredi ni Elisabetta, Otello ni Mosè, sans même La donna del lago ? On comprend là que les impératifs contractuels ont prévalu sur la logique musicale, et que l’élargissement au semiserio (avec Torvaldo et La Pie voleuse) a surtout tenté de combler ces manques. Au demeurant, ces deux dernières œuvres sont musicalement bien servies, prouvant encore une fois le rôle pionnier du Rossini Opera Festival : le Torvaldo de 2006 oppose avec art deux grands artistes (Pertusi et Praticò) ; l’année suivante, on retrouve Michele Pertusi très bien entouré dans La Pie voleuse (quoique dans une lecture scénique abstraite et déroutante).

Côté serio, l’Ermione pésaraise est une production très honorable, mais pâlit devant la version de Glyndebourne 1995 (DVD Warner) ; Bianca e Falliero a pour seul atout d’être à ce jour l’unique version vidéo disponible (il faut oublier son théâtre et, hélas, sa Bianca) ; même atout pour le Maometto secondo vénitien, mais des qualités musicales supérieures quoique inégales (c’est par ailleurs la version avec « fin heureuse » de la partition). Concernant les deux seuls « grands titres » du coffret, tous deux captés à Gand, on déchante, hélas : l’Armida de 2015 n’est en rien recommandable, malgré la présence du grand Alberto Zedda au pupitre ; et la Semiramide de 2011 rivalisera difficilement avec la légendaire captation de New York 1990 (DVD Arthaus Musik).

Un coffret qui pourra ravir les collectionneurs, mais remplira difficilement les fonctions de florilège ou de porte d’entrée dans l’univers rossinien serio.



Chantal Cazaux