Aureliano in Palmira

Rossini

le 04/12/2018

par Chantal Cazaux

Juan Francisco Gatell (Aureliano), Silvia Dalla Benetta (Zenobia), Marina Viotti (Arsace), Ana Victória Pitts (Publia), Xiang Xu (Oraspe), Zhiyuan Chen (Licinio), Baurzhan Anderzhanov (le Grand Prêtre), chœur Camerata Bach et Virtuosi Brunensis, dir. José Miguel Pérez-Sierra (live, Bad Wildbad, 12-22/07/2017).
CD Naxos 8.660-448-50. Notice et synopsis en anglais et allemand. Distr. Outhere.

 

Rareté, Aureliano in Palmira (1813) offre une partition ciselée, riche en morceaux sublimes (les duos Arsace-Zenobia !) et contenant notamment plusieurs pages réutilisées plus tard par Rossini dans le Barbier : c’est donc un plaisir d’écoute, pour peu que les moyens réunis soient à la hauteur d’un langage virtuose. Ce n’est hélas pas complètement le cas dans ce concert capté au festival Rossini in Wildbad de l’an passé, à commencer par les chœurs de la Camerata Bach, brouillons de mise en place et défectueux d’intonation comme de fondu (les ténors !) ou d’élan, et même l’ensemble Virtuosi Brunensis qui sonne bien maigre sous la direction tonique mais parfois bousculée de José Miguel Pérez-Sierra. Une prise de son opaque et un peu noyée s’ajoute à ce tableau, que le plateau vocal ne compense qu’en partie.

Émission souple et égale, style parfaitement idiomatique, Juan Francisco Gatell plafonne pourtant les aigus d’Aureliano ; timbre lumineux et pulpeux, Silvia Dalla Benetta (Zenobia) abuse un peu des nuances en soufflet et d’un vibrato parfois grossi ; quant au Grand Prêtre de Baurzhan Anderzhanov, ses graves trop écrasés amoindrissent son autorité. Dans le rôle d’Arsace écrit pour le castrat Velluti, Marina Viotti surprend d’abord par un timbre assez léger (à comparer avec la proposition autrement musclée de Franco Fagioli à Martina Franca en 2011, captée en vidéo : DVD Bongiovanni) ; mais le charme délié, la netteté du dessin convainquent – plus que la caractérisation du personnage, un rien timide : est-ce vraiment là le chef des armées perses, amant de la reine de Palmyre ?

Une captation-souvenir avant tout, documentant le travail souvent pionnier d’un festival rossinien primordial et celui de chanteurs intègres, mais en rien un Aureliano prenant la tête de la discographie.

Chantal Cazaux