Semyon Kotko

Prokofiev

le 18/09/2017

par Jean-Charles Hoffelé

Viktor Lutsyuk (Semyon Kotko), Lyubov Sokolova (la Mère de Semyon), Tatiana Pavlovskaya (Sofya), Varvara Solovyova (Frosya), Gennady Bezzubenkov (Tkachenko), Evgeny Nikitin (Remeniuk), Roman Burdenko (Tsaryov), Olga Sergeeva (Lyubka), Nadezhda Vassilieva (Khivrya), Grigory Karasev (Ivasenko), Stanislav Leontyev (Mikola), Andrei Popov (Klembovsky), Yuri Laptev (Von Wierhof), Chœur et Orchestre du Kirov, dir. Valery Gergiev, mise en scène : Yuri Alexandrov (Saint-Pétersbourg, mai 2014).

DVD et Blu-Ray Mariinsky MAR 0592.Distr. Harmonia Mundi.

 

En 1999, la régie de Yuri Alexandrov transposait d'une guerre à la suivante les aventures héroïques à fin de louange politique de Semyon Kotko. Une sorte de bunker enclot l'action (à moins que ce ne soit la carcasse d'un ovni ?) mais surtout, hélas, la sempiternelle bonne parole des soviets colportée par les villageois. Des éclairages expressionnistes qu'on croirait sortis du cinéma allemand des années trente viendront animer la succession des scènes. Seul moment saisissant, celui où les soldats allemands, en masque à gaz et tenue de décontamination, mettent le feu au village. Pour le reste, une caméra indiscrète vient ponctuer les discours de propagande et les débats idéologiques de gros plans souvent malheureux pour les chanteurs, faisant le spectacle bien long lors de cette reprise en 2014.

Quatre participants de la production originale ont survécu, en bien pour Evgeny Nikitin, Gennady Bezzubenkov et Tatiana Pavlovskaya - mais qu'est-il arrivé au Semyon Kotko de Viktor Lutsyuk qui s'égosille ? Valery Gergiev ne l'épargne guère, dirige sec et vif une partition qui en a besoin, sans pourtant parvenir à découpler l'encens de l'acide dont Prokofiev versa perfidement quelques rasades ici et là. Mieux vaudrait donc s'en tenir à la seule captation audio de 1999 (Philips) ; mais, voici peu, la réédition de l'enregistrement princeps de Melodiya dirigé par Mikhaïl Jukov en 1960 a changé la donne (lire ici) : le vibrant Semyon de Nikolai Gess est resté inégalé, argument décisif pour qui veut entendre cet opéra sans peiner à le voir.

J.-C.H.