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Melody Moore-Wagner (Floria Tosca) et Gregory Dahl (Scarpia).

Tosca,
le 16/09/2017 - Opéra de Montréal
Louis Bilodeau


 

Accueillie chaleureusement par le public de la première montréalaise, cette nouvelle Tosca a d’abord été dévoilée à Cincinnati en juillet 2016, puis se retrouvera à Detroit (Michigan Opera) en avril prochain. Tout en se cantonnant dans les limites d’un sage conservatisme, la production bénéficie des talents conjugués du décorateur Robert Perdziola et du metteur en scène Jose Maria Condemi. Le premier, également dessinateur des luxueux costumes d’époque, a effectué un travail particulièrement intéressant pour l’église Sant’Andrea della Valle : avant que ne débute le Te Deum, le pilier sur lequel est posée la toile de la Madeleine pivote pour faire apparaître le majestueux maître-autel de l’église, avec la représentation de saint André sur sa croix en X. Grâce à cet effet saisissant, la cérémonie religieuse revêt pleinement son caractère solennel puisqu’elle n’est pas confinée, comme c’est trop souvent le cas, à une chapelle latérale, mais investit tout l’espace de la nef. Au palais Farnèse, l’appartement de Scarpia est avant tout un bureau de travail, avec une toute petite table pour les repas, côté cour ; à quelques reprises, le chef de la police déplace des pièces sur un jeu d’échecs situé côté jardin, symbole éloquent de son pouvoir redoutable. C’est d’ailleurs au-dessus de ce jeu d’échecs qu’il tente d’assaillir Tosca, tel un animal en rut. Au moment où il laisse sourdre la menace de l’exécution de Mario, il éteint lentement les chandelles de sa table, comme pour signifier que la vie du peintre est entre ses mains. Si la mise en scène montre bien le caractère odieux de Scarpia, elle insiste aussi sur l’impétuosité de la diva qui, au premier acte, jette sur le sol les esquisses de Marie-Madeleine et lacère avec rage l’éventail de la marquise Attavanti. Le troisième acte est plus convenu à tous égards.

Après sa Butterfly plutôt décevante de 2015, Melody Moore-Wagner fait globalement bonne impression dans le rôle-titre grâce à l’intensité de son jeu et à une voix qui ne craint pas les déferlements orchestraux de Puccini. Les aigus manquent certes d’assurance et de justesse, mais le médium et surtout le grave sont d’une belle richesse ; l’interprète s’avère en définitive d’une grande sensibilité, notamment dans un « Vissi d’arte » très applaudi. En Cavaradossi, le ténor chilien Giancarlo Monsalve constitue un cas on ne peut plus déconcertant : étonnant d’éclat et de puissance dans son « Vittoria ! Vittoria ! » du deuxième acte, il trahit durant le reste de la soirée une technique aux lacunes flagrantes. Sa voix semble changer de couleur à chaque mesure, se détimbre puis devient gutturale, prend des couleurs barytonnantes, redevient plus claire, et ainsi de suite tout au long des trois actes... Le legato lui fait cruellement défaut et, à vrai dire, seules certaines phrases fortissimo conviennent à son instrument. Heureusement, le baryton Gregory Dahl offre une tout autre tenue vocale en Scarpia. Il compense la clarté relative de son timbre par une grande intelligence du rôle, un sens du phrasé impeccable et une forte présence scénique. Son affrontement du deuxième acte avec la cantatrice constitue à n’en pas douter la scène la plus réussie de la soirée. Parmi les seconds rôles, Patrick Mallette campe un Angelotti bien chantant, tandis que la basse Valerian Ruminski s’impose par son jeu haut en couleur. À la tête de l’Orchestre Métropolitain, Giuseppe Grazioli dirige avec le même souci des couleurs et du détail qu’à Québec, à l’occasion de sa Tosca de mai 2015 (lire ici), réussissant à mettre en relief les innombrables raffinements d’une partition qui sonne merveilleusement bien sous sa baguette. Il faut entendre la splendeur des cordes lorsque Rome s’éveille et la clarinette de Simon Aldrich pendant la pantomime du deuxième acte et au début de « E lucevan le stelle » pour comprendre à quel point le chef est à son meilleur dans les passages « impressionnistes ». En revanche, les moments plus dramatiques appellent quelques réserves, comme la fin du premier acte où, après le Te Deum – au demeurant fort bien chanté par le chœur –, il accélère outre mesure le tempo. Cela dit, il concourt en bonne partie à la réussite d’une représentation qui augure bien de la nouvelle saison de l’Opéra de Montréal.

Louis Bilodeau


A lire : Tosca - L'Avant-Scène Opéra n° 11 (mise à jour : 2016).





Gregory Dahl (Scarpia).
Photos : Yves Renaud.


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