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Roberto Tagliavini (Alidoro) et Teresa Iervolino (Angelina).

La Cenerentola,
le 17/06/2017 - Opéra national de Paris, Palais Garnier
Chantal Cazaux



 

Pour sa première mise en scène lyrique, Guillaume Gallienne s’est vu proposer La Cenerentola – dernière production de la saison de l’Opéra de Paris. Le buffa et le conte de fée détourné en morale édifiante (rappelons que l’œuvre a pour sous-titre Le Triomphe de la bonté, la douce Angelina pardonnant à la fin à ses bourreaux, et que le livret de Ferretti substitue au surnaturel la raison éclairée d’un précepteur-manipulateur) allaient-ils l’inspirer ? D’évidence, il a humblement écouté le texte : le palazzo familial décati, la cendre d’un sol volcanique, la micro-société latine où les filles (même les préférées de papa) ont pour seul horizon un beau mariage, sont bien dessinés par le décor d’Eric Ruf et les costumes d’Olivier Bériot. Le rythme musical, en revanche, peine à trouver son écho pétillant dans une direction d’acteurs où les poches de comique truculent restent secondaires et, surtout, dans une ambiance de bout en bout crépusculaire (les lumières de Bertrand Couderc, comme toujours admirables, réalisent au passage un très bel orage). La nuit opaque, les murs presque aveugles, semblent plus proches de l’atmosphère d’un conte germanique que de sa traduction buffa, jusqu’à cet Alidoro christique, glissant dans le décor comme un deus ex machina qui reste paradoxalement dans l’ombre – c’est l’idée la plus poétique et singulière, les autres personnages restant campés selon des attendus plus conventionnels.

La direction musicale d’Ottavio Dantone alterne les moments vifs et ciselés et d’autres plus lourds, émaillés de quelques défauts de mise en place à l’Orchestre de l’Opéra (excellent Chœur en regard) ; on ne s’offusque pas de la harpe convoquée ici – sans qu’elle n’apporte grand-chose –, mais on reste sur sa faim devant une alchimie musique/scène qui ne prend pas vraiment. Le plateau vocal est d’ailleurs imparfait : si Isabelle Druet (Tisbe) et Chiara Skerath (Clorinda) sont deux sœurs parfaitement complémentaires et bien chantantes, sachant doser leur côté chipie pour ne jamais tomber dans la caricature grossière, Maurizio Muraro est un Magnifico plus convaincant pas sa présence et sa faconde que par un chant aux inégalités audibles ; Juan José De León (Ramiro) affiche des aigus glorieux et un bel engagement, mais sans la souplesse, le moelleux et la nuance qui pourraient faire de son Prince un véritable Charmant ; Alessio Arduini (Dandini) s’amuse, aisé et sonnant (plus que vraiment belcantiste : la vocalise est bien floutée…), d’autant que la mise en scène lui réserve une aventure galante entre les lignes. On rend surtout les armes devant l’Alidoro de Roberto Tagliavini, dont le style magistral, la ligne et la dignité servent son personnage tel qu’il est ici repensé, et plus encore devant l’Angelina de Teresa Iervolino : son mezzo profond est d’un contralto sans pour autant renoncer au panache des aigus – même si, au soir du 17, ils apparaissent un rien appréhendés –, l’homogénéité des registres est sans défaut, le fiorito est délié. Cenerentola est bien là, même si la production préfère la mélancolie de son « Una volta c’era un re » et éteint sous la cendre le feu d’artifice final de « Tutto cangia ». Ici, « rien ne change ». Cendrillon chez le Prince de Salina ?

Chantal Cazaux

 

Notre édition de La Cenerentola : L’Avant-Scène Opéra n° 253.




Isabelle Druet (Tisbe), Maurizio Muraro (Magnifico), Chiara Skerath (Clorinda),
Juan José De León (Ramiro), Alessio Arduini (Dandini) et Teresa Iervolino (Angelina).
Photos : Vincent Pontet / OnP.


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