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Simon Boccanegra,
le 05/03/2017 - Gand, Opéra des Flandres
Alfred Caron



 

Décidément, les metteurs en scène d’avant-garde semblent entretenir une relation obsessionnelle avec la figure du Christ. Après le Hollandais volant vu par Tatiana Gurbaca en octobre dernier, c'est au tour de David Herrmann de suggérer une dimension « messianique » dans la figure de Simon Boccanegra. Dans la nouvelle production de l’Opéra des Flandres, la grande scène du Conseil s’achève de façon totalement inattendue sur une évocation de la Passion du Christ, dans un tableau inspiré de la Cène de Vinci dont Paolo Albiani serait le Judas, complété, pour faire bonne mesure, par l'apparition d'Amelia en Sainte Vierge et celle de Gabriele Adorno en légionnaire romain. L'idée est reconduite au finale où la réconciliation de Simon et de Fiesco se fait sous le signe d'un ostensoir posé entre eux sur une nappe d'autel.

Est-ce le caractère hybride de cette œuvre au livret compliqué et peu vraisemblable où se côtoient les conventions du premier Verdi avec les intuitions géniales du dernier, le metteur en scène semble avoir renoncé à unifier sa vision. Plus qu’un « concept », c’est une série d’associations d’idées qu'il nous propose, mêlant références historiques et monde contemporain, rêve et réalité. Au prologue, Boccanegra apparaît dans son cabinet de travail, tourmenté par les fantômes de son passé : patriciens tout droit sortis de La Ronde de nuit, spectres de Maria et de Fiesco. On découvre Amelia, au premier acte, dans un décor de squat, et pendant les retrouvailles du père et de la fille apparaît un spectaculaire élément de décor, sorte de tour décrépie cernée de colonnes, censée symboliser le pouvoir et son enfermement. Seule l'image finale d'Adorno dans le cabinet de Boccanegra où une sculpture abstraite a remplacé la statue de la Vierge dit clairement que les temps ont changé et que la réconciliation voulue par le doge précédent n'est plus d'actualité.

Pour servir cette approche multiple, l'opéra des Flandres a réuni une équipe de haute volée. Le Paolo Albiani de Gezim Myshketa donne le ton, tout à la fois d'une puissance et d'une subtilité à faire pâlir le rôle-titre. Si la voix de Nicola Alaimo n'a pas la même ampleur, l'autorité et le style châtié du baryton italien le compensent, même si le rôle demanderait sûrement un supplément de maturité. Transcendée par la direction d'acteurs et la mise en scène, son interprétation culmine dans une scène de mort d'une très grande intensité. On imaginait mal Myrto Papanatasiou dans un grand lyrique verdien comme Amelia pour laquelle lui manque une certaine largeur mais son engagement, sa musicalité et les dimensions de la salle y suppléent largement. Solide quoique sans la distinction qui caractérise les grandes basses nobles, le Fiesco de Liang Li tient honorablement son rang tandis que la voix souple et brillante aux résonances un rien métalliques de Najmiddin Mavlyanov donne un beau relief au rôle plutôt secondaire de Gabriele Adorno. A la tête de l'orchestre des Flandres, Joel Alexander offre une lecture toute en nuances et d'un grand raffinement dans le détail orchestral d'une partition dont les beautés surpassent largement les faiblesses du livret, unifiant musicalité et drame en parfait accord avec la vision décalée et poétique du metteur en scène.

Alfred Caron


A lire, notre édition de Simon Boccanegra : L’Avant-Scène Opéra n° 19 (mise à jour : 2012).




Nicola Alaimo (Simon Boccanegra) et Liang Li (Fiesco).
Photos : Annemie Augustijns.


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