La Cerisaie - Paris, Palais Garnier

Kat'a Kabanová - Opéra national du Rhin

Salomé - La Monnaie, Bruxelles

Festival Puccini Plus - Opéra de Lyon

Kat’a Kabanová - Théâtre des Bouffes du Nord, Paris

Le Trouvère - Opéra de Montréal

La Dame de pique - Paris, Opéra Bastille

Manon - Opéra de Paris Bastille

Amadis de Gaule - Opéra-Comique

La Flûte enchantée - Paris, Théâtre des Champs-Elysées

Don Giovanni - La Scala de Milan

Cendrillon - La Monnaie de Bruxelles

La Vie parisienne - Opéra de Lyon

Falstaff - Capitole de Toulouse

La Cenerentola - Palais Garnier, Paris

L'Enchanteresse - Opéra d'Anvers

Madame Curie - Maison de l'UNESCO, Paris

Rusalka - Opéra de Monréal

Jenufa - Opéra de Rennes

Elektra - Opéra d'Amsterdam

Œedipe - La Monnaie, Bruxelles

Lulu - Opéra de Paris Bastille

Faust - Opéra de Paris Bastille

Tannhäuser - Opéra Bastille, Paris

De la Maison morte - Staatsoper, Berlin

La Nuit de Gutenberg - Opéra national du Rhin, Strasbourg

Falstaff - Staatsoper, Vienne

Gemma di Vergy - Festival de Bergamo

Le Tour d'écrou - Theater an der Wien

Les Noces de Figaro - Opéra de Montréal

La Clémence de Titus - Opéra de Paris, Palais Garnier

Salomé - Opéra Bastille

Tannhaüser et Parsifal - Festival de Bayreuth

La Femme sans ombre - Festival de Salzbourg

L'Affaire Makropoulos - Festival de Salzbourg

Così fan tutte - Festival de Salzbourg

Macbeth - Festival de Salzbourg

Attila - Teatro alla Scala, MIlan

Thanks to my Eyes - Festival d'Aix-en-Provence 2011

La Magicienne - Festival de Radio France et de Montpellier

La Clémence de Titus - Festival d'Aix-en-Provence 2011

La Traviata - Festival d'Aix-en-Provence 2011

Le Nez - Festival d'Aix-en-Provence 2011

Les Maîtres chanteurs et Rinaldo - Festival de Glyndebourne 2011

Roméo et Juliette - Teatro alla Scala

Les Huguenots - Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles

Le Crépuscule des dieux - Opéra de Paris, Bastille

Eugène Onéguine (Tchaikovski) et Dionysos (Wolfgang Rihm) - Festival de Hollande, Amsterdam

Macbeth - Deutsche Oper Berlin

Idomeneo - Théâtre des Champs-Elysées

Otello - Opéra de Paris Bastille

Tristan et Isolde - Opéra de Lyon

Mateo Falcone - Opéra-Théâtre de Metz

Le Songe d'une nuit d'été - English National Opera, Londres

La Damnation de Faust - English National Opera, Londres

La Bohème - Opéra de Montréal

Atys - Opéra-Comique, Paris

La Chauve-souris - Opéra de Québec

Les Vêpres siciliennes - Grand Théâtre de Genève

Hanjo et Matsukaze - Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles

Luisa Miller - Opéra de Lyon

Le Médecin malgré lui - Opéra Royal de Versailles

Vom Meer - Théâtre de Heidelberg

Sweeney Todd - Théâtre du Châtelet, Paris

Obéron - Théâtre du Capitole, Toulouse

Georges Prêtre dirige l'Orchestre de l'Opéra national de Paris - Salle Pleyel

Le Freischütz - Opéra-Comique, Paris

Platée - Stadsschouwburg, Amsterdam

Le Portrait - Opéra national de Lorraine, Nancy

Naïs - Paris, Cité de la musique

L'Affaire Makropoulos - Opéra national du Rhin

L'Opéra de quat' sous - Comédie-Française, Paris

Akhmatova - Opéra de Paris Bastille

Salomé - Opéra de Montréal

Kátia Kabanová - Opéra de Paris, Palais Garnier

Orlando furioso - Théâtre des Champs-Elysées

Siegfried - Opéra de Paris, Bastille

Billy Budd - De Nederlandse Opera, Amsterdam

Le Couronnement de Poppée - Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis

La Métamorphose - Opéra de Lille

Death in Venice - Teatro alla Scala, Milan

Cendrillon - Opéra-Comique, Paris

Le Consul - Opéra de Montréal, Atelier lyrique

Parsifal - Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles

Crépuscule des dieux - Opéra du Rhin, Strasbourg

L'Atelier lyrique de l'Opéra de Paris - Palais Garnier

Francesca da Rimini - Opéra de Paris, Opéra Bastille

Magdalena Kožená : Lettere amorose - Théâtre des Champs-Elysées

Les Fiançailles au couvent - Opéra Comique

Werther - Opéra de Lyon

Giulio Cesare - Paris, Palais Garnier

Werther - Opéra de Montréal

My Fair Lady - Théâtre du Châtelet

Le Gala de l'Opéra de Montréal - Montréal

Mathis le peintre - Opéra Bastille

L'Italienne à Alger - Lausanne, Salle Métropole

Une Flûte enchantée - Théâtre des Bouffes du Nord

Roberto Devereux - Opéra de Montréal

Les Noces de Figaro - Opéra Bastille

La Mélodie du Bonheur - Marionnettes de Salzbourg au Théâtre Déjazet à partir du 3 décembre

Orlando - Théâtre des Champs-Elysées

Katia Kabanova - Théâtre Royal de la Monnaie, Bruxelles

Le Trouvère - Opéra de Québec

Show Boat - Théâtre du Châtelet

Le Triptyque - Opéra Bastille

Dialogues des Carmélites - Opéra de Nice

Eugène Onéguine - Opéra Bastille

Rigoletto - Opéra de Montréal

Love and other Demons - Opéra national du Rhin/Festival Musica

L'Italienne à Alger - Palais Garnier, Paris

Les Vêpres siciliennes - Amsterdam, De Nederlandse Opera

Le Vaisseau fantôme - Opéra Bastille

Roméo et Juliette - Festival de Salzbourg

Don Giovanni - Festival de Salzbourg

Orphée et Eurydice - Festival de Salzbourg

Lulu - Festival de Salzbourg

Lohengrin, Parsifal, Les Maîtres chanteurs - Festival de Bayreuth

Elektra - Festival de Salzbourg

Bellérophon - Festival de Beaune

Don Giovanni - Festival d'Aix-en-Provence

Un retour - Festival d'Aix-en-Provence

Le Rossignol - Festival d'Aix-en-Provence

Alceste - Festival d'Aix-en-Provence

Sémélé - Théâtre des Champs-Elysées

Anne Sofie von Otter et Brad Mahldau - Palais Garnier, Paris

Macbeth - La Monnaie, Bruxelles

Mirandolina - MC93 Bobigny

La Dame du lac - Paris, Palais Garnier

Cœur de chien - Opéra d'Amsterdam

La Walkyrie - Opéra Bastille

Così van tutte - Festival de Glyndebourne

Cendrillon - Opéra de Montréal

Billy Budd - Festival de Glyndebourne

L'Affaire Makropoulos - Opéra de Nantes

La Dame de pique - Opéra de Lyon

Magdalena - Théâtre du Châtelet

Eugène Onéguine - Opéra de Lyon

Les Contes d'Hoffmann - Opéra Bastille

Wiener Festwochen 2010 - Vienne

Maldoror - Aix-la-Chapelle

Mazeppa - Opéra de Lyon

La Donna del lago - Grand Théâtre de Genève

Les Troyens - Opéra d'Amsterdam

Billy Budd - Opéra Bastille

Armida - Metropolitan Opera, N.Y.

Hamlet - Metropolitan Opera, N.Y.

Treemonisha - Théâtre musical du Châtelet

L'Amant jaloux; Zémire et Azor - Opéra Comique

Idoménée - Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles

Platée - Opéra national de Strasbourg

L'Or du Rhin - Opéra Bastille

Émilie - Opéra de Lyon

Don Carlo - Opéra Bastille

A Little Night Music - Théâtre du Châtelet

Récital Simon Keenlyside - Palais Garnier

La Somnambule - Opéra Bastille

L'Attaque du Moulin - Opéra-Théâtre de Metz

Pelléas et Mélisande - Opéra national de Lorraine

The Fairy Queen - Opéra Comique

Manon Lescaut - Opéra de Lyon

Werther (Massenet) - Opéra Bastille

Julie, Boesmans - à l’Athénée –Théâtre Louis-Jouvet

Les Nouvelles du Jour, Hindemith - Opéra de Dijon

Fortunio - Opéra Comique

The Sound of Music - Théâtre du Châtelet

La Fanciulla del West - Opéra d'Amsterdam

Platée - Palais Garnier

Les deux Iphigénies - La Monnaie de Bruxelles

Salomé - Opéra Bastille

L'Étoile - Grand Théâtre de Genève

La Bohème - Opéra Bastille

Andromaque - Palais des Beaux-Arts - Bruxelles

La Ville morte - Opéra Bastille

Dardanus - Opéra de Lille

Mireille - Palais Garnier

Le Barbier de Séville - Opéra Bastille

Wozzeck - Opéra Bastille

Festival d'Aix-en-Provence 2 - L'Archevêché

Festival d'Aix-en-Provence 1 - Jeu de Paume, GTG, l'Archevêché

Carmen - Opéra Comique

L'Enfant et les sortilèges - Studio Bastille, Paris

Le Roi Roger (pour) - Opéra Bastille

Le Roi Roger (contre) - Opéra Bastille

Cyrano de Bergerac - Théâtre du Châtelet

L'Affaire Makropoulos - Opéra Bastille

Altre Stelle, Anna Caterina Antonacci - Théâtre des Champs-Elysées

Lulu - Opéra de Lyon

Macbeth - Opéra Bastille

Hippolyte et Aricie - Capitole de Toulouse

Fra Diavolo - Opéra Comique

Yvonne, princesse de Bourgogne - Palais Garnier

Mort à Venise - Théâtre de la Monnaie, Bruxelles

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Didon et Enée - Opéra Comique

Eugène Onéguine - Palais Garnier

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© Jean-Louis Hernandez

Manon Lescaut,
le 22/01/2010 - Opéra de Lyon
Harry Halbreich

La popularité universelle de Manon Lescaut n’a vraiment été freinée qu’en France (c’est compréhensible !) par celle encore plus grande de la Manon  de Massenet, d’ailleurs toute différente.

Premier triomphe d’un Puccini de 34 ans, si elle n’a pas la totale perfection de La Bohème
, qui lui succède, et des opéras suivants, si elle n’est qu’un quasi chef-d’œuvre, ce n’est certes pas à cause d’une musique jaillissante et audacieuse, mais bien par un livret dont on sent l’origine tourmentée, voir hétéroclite, au point qu’il fallut non moins de sept librettistes  (dont le compositeur lui-même) pour en accoucher, dans le souci de se différencier à tout prix de la Manon  de Massenet, antérieure de huit ans, mais dont la première en Italie n’eut lieu heureusement que quelques mois après celle de Puccini.

Tirer un livret d’opéra d’un roman pose presque toujours problème, à cause de nécessaires raccourcis. Ici, le deuxième acte nous situe d’emblée dans le riche palais de Géronte, et seule l’apparition ultérieure de Des Grieux nous explique la « trahison » de Manon. Et au dernier acte, l’omission de toute allusion à la rixe ayant obligé Des Grieux à fuir ne donne aucune raison à la mort des amants dans le désert (Massenet faisait mourir Manon avant son embarquement).

En situant l’action dans les années 1930, le metteur en scène Lluis Pasqual a multiplié les problèmes d’une œuvre de toute manière délicate à monter. Pourquoi 1930 du reste ? Parfois on choisit l’époque de composition d’une œuvre, en l’occurrence la fin du 19ème siècle, mais aujourd’hui 1930 a tout autant cessé d’être « contemporain ». Autant les grands mythes intemporels se prêtent à toutes les transpositions, autant une œuvre comme le roman de l’Abbé Prévost, aussi nettement situé dans une époque (le 18ème siècle) au contexte matériel, social, voir moral, très éloigné du nôtre présente des écueils qu’on n’évitera qu’en modifiant le livret. Ce qui n’est pas le cas ici.

Lorsqu’à la fin du 1er acte, Géronte ne peut poursuivre les amoureux fugitifs faute de disposer de chevaux frais (alors que l’action a été située dans un hall de gare !), un ressort essentiel de l’action perd toute vraisemblance. Et Lluis Pasqual, pour conserver le Madrigal et le Menuet du 2e acte, a dû situer cet acte sur un plateau de télévision (au prix d’ailleurs d’un autre anachronisme pour 1930 !) où l’on tourne en costume du 18ème, son protecteur voulant sans doute faire de Manon une star !

Sa fuite est compromise car elle veut emporter son or et ses bijoux, dont on cherchera vainement la trace. Plus grave encore : en 1930, les prostituées n’allaient plus au bagne. Et Géronte n’avait aucun pouvoir pour faire arrêter Manon chez lui, car elle n’était que sa maîtresse entretenue et non son épouse : donc, pas d’adultère constaté, et s’il fallait déporter toutes les femmes infidèles de France, le pays serait bien vide ! Il en était autrement sous Louis XV.

Quand au départ des malheureuses, encore actuel peut-être sous la Restauration, époque de la « chaîne » évoquée dans Les Misérables,
il était tout aussi invraisemblable en 1930. Pour les décors de Paco Azorin, la contrainte du hall de gare voulue pour le 1er acte entraîne forcément celle du plateau de télévision. Par contre, ces charpentes métalliques conviennent parfaitement à la prison de l’acte 3, de toute façon le plus magistral des quatre du point de vue dramatique, en sa concision exemplaire, et le plus réussi ici.

Quant à la présence d’un butoir ferroviaire en plein milieu du désert final, rappel de celui qui accueillait le train de Manon au 1er acte, elle souligne (un peu lourdement) la fin du voyage. Le spot géant descendant des cintres au tableau final, rappel de l’acte « télévisuel », m’a fait penser aussi à Hugo, à l’œil implacable de la conscience poursuivant Caïn jusque dans sa tombe.

Une fois émises ces objections, cette mise en scène a de grandes qualités, épousant les rythmes si variés de l’action, témoignant d’une excellente direction d’acteurs dont bénéficie tout particulièrement l’éclatant talent scénique de l’héroïne titulaire, ce qui nous amène à la distribution. Admirable actrice, la Manon de Svetla Vassileva, n’a plus hélas l’âge du rôle. Si la silhouette demeure irrésistible, la voix est usée, fatiguée, c’est celle d’une femme de 40 ans, non celle d’une toute jeune fille, avec ce vibrato large propre aux voix slaves et flirtant dangereusement avec la justesse et ces graves poitrinants, généreux, mais d’une couleur bien peu italienne. Dans les passages purement lyriques, dans les nuances intimes et le registre aigu, cela reste très beau. Des Grieux est un rôle terrible, l’un des plus éprouvants du répertoire lyrique, sollicitant durement l’aigu, mais en gardant les réserves d’ampleur dans le grave à A Manon mi tradisce ! (Acte 2), d’une écriture presque verdienne. Le ténor ukrainien Misha Didyk, grand tempérament d’une vaillance et d’un éclat presque excessifs au premier acte, déplace son rôle vers une véhémence quasi vériste : Des Grieux, ce n’est ni  Turiddu ni Canio, que diable ! Passons sur le défaut véniel d’un slave en délicatesse avec les nasales, d’où des  « Manonng » quasi marseillais, mais lorsqu’il hurle et sanglote, la justesse en souffre sérieusement. Certes, son triomphe auprès du public me donne tort, mais tout de même... Les autres rôles, tous secondaires, à côté du couple des amants, posent beaucoup moins de problèmes vocaux.

Lescaut, seul personnage qui ne soit pas tout d’une pièce, et donc psychologiquement le plus intéressant, est un être trouble et même démoniaque. Son rôle de tentateur me fait penser irrésistiblement au Nick Shadow du Rake’s Progress strawinskyen. Excellent chanteur et comédien consommé, Lionel Lhote y est parfait. Alexander Teliga, irréprochable dans le rôle assez bref de Géronte, est devenu logiquement dans cette mise en scène un grand capitaine d’industrie, un P.D.G. sans doute mafieux. Mais il n’est ici ni vieux ni laid, seulement massif et vulgaire, de sorte que l’humiliante épreuve du miroir que lui inflige Manon en perd tout son sens.

L’excellent Edmond incarné par Benjamin Bernheim fait regretter que Puccini l’ait fait disparaître après le 1er acte, où sa séduction vocale et scénique fait merveille. Dans le Madrigal, c’est le mezzo de Franziska Rabl qui s’acquitte parfaitement de sa brève intervention, là où de nos jours on pourrait même envisager un contre-ténor ou un falsettiste (le livret prévoyait un castrat, inexistant en France !)... Enfin, un grand bravo doit saluer le travail exemplaire des chœurs et de l’orchestre maison sous la direction magistrale et enflammée (certains tempi rapides parfois risqués mais toujours assumés) de Kazushi Ono, que Serge Dorny a su attirer à Lyon après son départ regretté de Bruxelles.

Peut-être est-il le vrai triomphateur de la soirée (le public l’a bien montré !), car avec l’importance toute nouvelle en Italie à l’époque de la dimension symphonique, Manon Lescaut
  est aussi un opéra de chef d’orchestre.

(La grève nationale du 21 janvier a  retardé la première de 24 heures). 

 

 





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