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Musicalement, on déplore encore, comme dans Mazeppa et Eugène Onéguine, cette impression de saturation acoustique, conjonction de la matité de la salle et de la véhémence des chœurs dans les scènes de groupe. Mais, des trois, c’est celui dont la distribution, quasi entièrement russe, est incontestablement la plus équilibrée, un sans-faute total d’autant plus difficile à réaliser s’agissant de personnages tous enfermés dans leur monde individuellement. Il est presque injuste d’en distinguer certains plutôt que d’autres, mais il est sûr qu’Olga Guryakova (Lisa) et Misha Didyk (Hermann) forment un couple idéal, par leur jeunesse, la fraîcheur et la générosité de leur voix, leur style parfait, leur technique solide et l’alliance de leurs timbres. Belle Pauline aussi d’Elena Maximova, avec là encore un fondu vocal admirable avec Guryakova dans leur romance au clavecin. Élégance et mélancolie slave à défaut de personnalité vocale pour le Prince Eletski d’Alexey Markov. Performance renouvelée après sa Nourrice d’Onéguine, Marianna Tarasova, Comtesse malheureuse, autoritaire et conférant à son air de Grétry une beauté somnambulique. Compliments au Chœur et aux artistes lui appartenant et assurant les rôles utilitaires, ainsi qu’à Nikolaï Putilin dans le rôle du Comte Tomski. Kirill Petrenko réserve moins de contrastes à sa direction, inscrivant cette action plus ramassée dans le fil d’un discours plus fluide.
(1) Les décors initiaux de cette production de La Dame de Pique (2008), rendus inutilisables par un incident d’amiante en décembre dernier, n’ont pu être reconstruits. Ils sont remplacés par des éléments scénographiques adaptés et réalisés d’après le spectacle original.


Photo Opéra national de Lyon/Stofleth.
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