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Hommage à Alberto Zedda,
le 06/01/2018 - Anvers, Salle Reine Elisabeth
Alfred Caron



Alberto Zedda n’aimait guère les concerts lyriques. Son exigence de musicien et d’homme de théâtre répugnait à ces anthologies sans queue ni tête qui peinent le plus souvent à trouver une autre raison d’être que celle de faire-valoir des chanteurs. Aussi, lorsque Aviel Kahn lui avait proposé de célébrer ses 90 ans et une collaboration de près de 20 ans avec l’Opéra des Flandres par un concert, lui avait-il préféré l’idée de donner plutôt un opéra en version concertante. Puis il s’était finalement laissé convaincre par la proposition du directeur de réunir un aréopage de chanteurs liés à son histoire avec la scène flamande et lui avait suggéré un programme d’œuvres réunissant les opéras de Rossini ayant le plus de signification pour lui. Sa mort en mars dernier aura transformé ce concert festif en hommage posthume dont la tonalité n’a certes pas versé dans la morosité et le sentimentalisme mais qui, jusqu’à un certain point, aura donné raison au défunt maestro.

Comme il arrive souvent avec ce genre d’événement, du plateau initialement annoncé trois noms ont finalement disparu ; ne demeure des vétérans des années 90 que la basse Michele Pertusi, avouons-le bien fatigué. Son timbre envahi par la grisaille peine à donner tout son lustre au grand air de Lord Sidney dans le Voyage à Reims et, si le style demeure toujours impeccable, l’intonation défaillante dans l’air de la Calomnie du Barbier porte la marque d’une émission désormais trop large pour cette musique. Pour le brillant, fort heureusement, on peut compter sur la jeune génération dont la plupart des représentants sont issus de cette Accademia rossiniana de Pesaro dont Zedda a été l’initiateur et le mentor jusqu’en 2016. Le baryton Nicola Alaimo en est sûrement l’un des meilleurs éléments. Sa grande voix superbement timbrée triomphe haut la main de l’acoustique très analytique de la salle Reine Elisabeth dans un Figaro singulièrement vivant et expressif. Si l’articulation française de son Guillaume Tell a perdu un rien de clarté depuis 2013, il est toujours aussi fiable dans la musicalité et touchant dans l’expression. Cecilia Molinari, qui lui donne la réplique dans un duo du Barbier très enlevé, offre une Rosine agréable aux variations subtiles. Teresa Iervolino (remplaçant Marianna Pizzolato) apporte à l’air d’entrée de Tancredi toute la fraîcheur de sa jolie voix de contraltino qui devrait mûrir mais dont les colorations séduisent déjà. Salome Jicia, révélation du Rossini Opera Festival 2015 (remplaçant Mariella Devià), impressionne par la beauté de son soprano dramatique et la puissance de ses aigus immaculés, mais son Amenaide marmoréenne ne touche guère dans la scène de la Prison. Le grand air de Don Profondo par Carlo Lepore à la voix stentorienne semble une pâle imitation de l’interprétation si savoureuse de Ruggero Raimondi, toujours inégalée depuis 1984. Carmen Romeu paraît un peu dépassée par la longue tessiture de Mathilde de Guillaume Tell pour laquelle lui manque d’évidence l’extension dans l’aigu qu’elle donne sans la moindre projection. Remplaçant Gregory Kunde, Enea Scala affronte avec beaucoup de bravoure et des aigus puissants et métalliques le grand air d’Arnold. Le concert en forme patchwork s’achève sur le fameux Hymne à la liberté de Guillaume Tell qui semble pour le coup tomber véritablement sinon « des cieux », en tout cas de nulle part. Un petit codicille au programme du maestro – l’Agnus Dei de la Petite messe solennelle dans sa version orchestrée si cocasse – apporte la touche religieuse nécessaire à un concert commémoratif que la direction appliquée de Donato Renzetti, efficace mais peu jubilatoire, n’aide guère à faire décoller dans les hautes sphères de la musicalité rossinienne.

Alfred Caron


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