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La Flûte enchantée,
le 29/12/2017 - Opéra de Toulon
Olivier Rouvière



 

La nouvelle production toulonnaise de La Flûte enchantée fait salle comble, attirant beaucoup d’enfants. Tant mieux pour eux, à qui semble s’adresser en priorité le spectacle troussé par René Koering, s’inspirant de l’univers de la BD et de la télé des années 80. Univers redoutablement moche, à nos yeux, surtout en ce qui concerne les costumes (aussi signés Koering) : Monastatos est un mini-Dark Vador bien empêché de bouger, les trois Dames portent jupette de cuir et perfecto, Sarastro est grimé en méchant de James Bond caressant son persan (empaillé), Tamino en clone blond d’Elvis Presley (guitare incluse) et Papageno en une horrible créature du Muppet Show aux collants jaune poussin! Comme la direction d’acteurs s’avère aussi triviale, on serait tenté de fermer les yeux, n’étaient les habiles projections vidéos de Virgile Koering, dont certaines, les plus abstraites (les constellations de l’Ouverture ou les labyrinthe géométriques du dénouement) possèdent une réelle force poétique. De « vision », de « lecture », de « sens dramatique », point, sauf à imaginer que si Koering fait parler en américain les serviteurs du temple (à l’acte I, les dialogues sont heureusement traduits – ou plutôt réécrits – en français), c’est qu’il voit dans le parcours de Tamino et Pamina une sorte de conversion des transfuges de l’Est aux valeurs consuméristes de l’Ouest...

Heureusement, le versant musical de cette production séduit bien davantage, à commencer par la direction souple et tonique du chef australien Alexandre Briger, au swing irrésistible dans les contretemps mozartiens – direction certes un peu constamment rapide (par exemple, dans l’arioso du Sprecher), mais aussi attentive à la cohésion de l’Orchestre de Toulon, qu’on a rarement entendu aussi bon, qu’au phrasé des chanteurs. Ceux-ci vont du pire au meilleur. N’accablons pas le Tamino étranglé et dépourvu de musicalité de Sasha Emanuel Kramer, ni le Monastatos inexistant de Colin Judson, non plus que le chœur, très perfectible. Vantons plutôt le bagout, l’énergie, l’irrésistible verve comique d’Armando Noguera, Papageno mordant et félin en dépit son consternant accoutrement, et la vocalité tranchante, le phrasé noble, impeccable de Tuuli Takala, Reine de la Nuit au timbre sombre et à l’incontestable aplomb. Andreea Soare campe pour sa part une Pamina solide mais un peu mûre, Antonio di Matteo un Sarastro aux graves assis mais au chant guère expressif, tandis que les trois Dames, aux timbres parfaitement appariés/contrastés (Marion Grange, Pauline Sabatier et Mareike Jankowski), nous offrent de merveilleux ensembles. Applaudissements nourris de la part de ce public toujours réactif, qui englobe dans sa gratitude une équipe musicale fort satisfaisante et une scénographie trop régressive.

Olivier Rouvière

 

A lire : La Flûte enchantée / L’Avant-Scène Opéra n° 196




Photos : Frédéric Stéphan.


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