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Craig Colclough (Falstaff).

Falstaff,
le 13/12/2017 - Anvers, Opéra des Flandres
Alfred Caron



En confiant Falstaff à Christoph Waltz (après un Rosenkavalier très remarqué en 2013), l’Opéra des Flandres nous promettait une production renouvelant quelque peu notre vision de la comédie finale de Verdi et de son personnage central. À l’arrivée, c’est un spectacle en demi-teintes, au propre comme au figuré, que nous propose l’acteur et metteur en scène autrichien.

Légèrement transposée dans un univers intemporel par des costumes modernes où se retrouvent quelques allusions à l’époque d’origine, sa vision reste très classique. Elle se joue dans un dispositif minimal (un double cadre de scène, un plateau nu, des changements à vue) suggérant l’idée d’un théâtre au second degré où quelques éléments de décor (table couverte des reliefs d’un repas orgiaque, coffre-banc, indispensable malle d’osier) rappellent la pièce élisabéthaine. Le rideau qui sert de fond de scène laisse attendre une ouverture dont on se doute vite qu’elle se produira pour le tableau final. Elle constitue, avec l’utilisation de la fosse d’orchestre pour l’apparition des personnages de la mascarade, la seule vraie surprise de cette production et suscite quelques murmures de ravissement dans le public lorsqu’elle découvre une spectaculaire structure tubulaire figurant le chêne de l’Herne où ont pris place orchestre et chœurs pour le tableau final. Paradoxalement, l’équilibre entre orchestre et plateau y gagne en cohérence car jusque là les voix, peu aidées par le dispositif scénique et la direction d’acteurs très animée, peinaient quelque peu à passer la rampe.

C’est particulièrement le cas de Jacquelyn Wagner (Alice), voix agréable et bien conduite mais au médium un peu faible et à la projection limitée. Sans démériter vraiment, Craig Colclough (Falstaff), remplaçant Thomas Johannes Meyer initialement prévu, manque un peu d’ampleur vocale et, privé scéniquement des attributs habituels du personnage (le ventre et la truculence), est en outre un peu desservi par une articulation italienne souvent incompréhensible. Par contraste, le Ford superbement timbré et articulé de Johannes Martin Kränzle paraît presque surdimensionné et l’écrase de sa présence dans leur duo. Sa scène de délire reste un des grands moments de l’acte II et il fait de son personnage de bourgeois jaloux et vindicatif une sorte d’avatar baryton d’Otello. Pour le reste, on a affaire à une équipe de bon niveau dont on distinguera la suave Nanetta d’Anat Edri, un peu hésitante dans son air final, le très sonore Dr Caius de Michael Colvin, l’agréable Fenton de Julien Behr et la Mrs Quickly d’Iris Vermillion, à la caractérisation un peu trop sobre pour restituer toute la saveur du personnage malgré un registre grave tout à fait respectable.

L’ensemble, mise en scène et plateau compris, laisse l’impression d’une version « allégée » à laquelle le souci du mouvement, une direction d’acteurs raffinée mais peu théâtrale et une esthétique excessivement dépouillée ont enlevé de sa sève. La direction de Tomas Netopil, d’une grande vivacité, menant son orchestre avec un grand souci de précision et ses solistes à la baguette, valorise les coloris francs d’une riche instrumentation.

Alfred Caron


Notre éditions de Falstaff : L’Avant-Scène Opéra N° 87-88 (2001)




Photos : Annemie Augustijns.


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