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Jean-Michel Richer (Don Ottavio), Emily Dorn (Donna Anna), Gordon Bintner (Don Giovanni), Daniel Okulitch
(Leporello), Layla Claire (Donna Elvira), Stephen Hegedus (Masetto) et Hélène Guilmette (Zerlina).

Don Giovanni,
le 12/11/2016 - Opéra de Montréal
Louis Bilodeau



 

 

Pour son nouveau Don Giovanni, l'Opéra de Montréal a confié la mise en scène à l'Américain David Lefkowich, qui transpose l'intrigue dans les années 1940. C'est du moins ce que traduisent vaguement les costumes et quelques coups de revolver, car le décor unique de Donald Eastman pourrait aussi bien évoquer un palais de la Renaissance italienne qu'un vaste édifice contemporain d'inspiration néoclassique. L'avantage principal de ce décor, d'abord présenté à Boston en 2009, réside dans ses qualités acoustiques, puisqu'il forme une conque permettant aux chanteurs de bien se faire entendre dans la vaste enceinte de la salle Wilfrid-Pelletier. Idéal pour les scènes chez Don Giovanni, ce lieu somme toute assez dépouillé ne convient toutefois pas très bien aux tableaux nocturnes du deuxième acte, pour lesquels il aurait fallu concevoir une atmosphère autrement plus mystérieuse, voire inquiétante, un peu à la manière de Peter Sellars. Ainsi, dans le cimetière – qui se résume à six ou sept figurants tristement éclairés de vert –, la statue du Commandeur semble bien peu lugubre. Si le metteur en scène s'acquitte honorablement de sa tâche, on demeure pour le moins étonné devant l'espèce de tango qu'il fait danser aux chanteurs pendant le sublime sextuor du deuxième acte. Et avouons qu'il aurait pu déployer plus d'imagination au moment où Don Giovanni est précipité aux enfers...

Dominant une très belle distribution, Gordon Bintner interprète le rôle-titre avec un aplomb extraordinaire. À 28 ans, il réunit déjà les principales qualités qui font les grands Don Giovanni : somptuosité vocale, intelligence musicale, très forte présence scénique... et charme irrésistible. L'autre artiste peut-être la plus impressionnante est Layla Claire, qui campe une Donna Elvira véhémente, à la voix d'une superbe rondeur et à qui on pardonnera volontiers de donner parfois un peu trop de volume dans l'aigu. Que dire d'Hélène Guilmette, sinon que sa Zerlina est tout simplement exquise à tout point de vue ? En dépit d'un timbre un rien acidulé et d'accents manquant un peu de noblesse, Emily Dorn propose une Donna Anna touchante dans sa vulnérabilité. Un peu inégal sur le plan vocal, Daniel Okulitch est doué d'un réel talent de comédien, tout comme le magnifique Masetto de Stephen Hegedus. Alain Coulombe fait entendre une voix tonitruante à souhait en Commandeur, tandis que Jean-Michel Richer est un Ottavio tout à fait crédible, quoique mis à mal par les longues phrases de « Il mio tesoro intanto ». Sans démériter, le chœur nous a toutefois paru plus faible qu'à l'accoutumée.

Récemment nommé Kapellmeister pour la prochaine saison au Komische Oper de Berlin, le jeune chef Jordan de Souza se démarque par une énergie peu commune. À la tête de l'Orchestre Métropolitain, il se lance avec fougue dans une exécution d'une intensité dramatique exceptionnelle, aux tempi en général très allants et parfois même précipités, avec comme conséquence fâcheuse d'entraîner de nombreux décalages avec le plateau. Survitaminé, son Mozart manque de contrastes et de ce caractère élégiaque qu'on attend d'un Don Giovanni bien équilibré. En plus de couper « Dalla sua pace » – omission justifiable étant donné que l'air fut ajouté pour les représentations viennoises de 1788 –, le chef abrège le second acte en supprimant deux airs (« Mèta di voi qua vadano » de Don Giovanni et « Ah pietà, signori miei » de Leporello)... et en éliminant purement et simplement l'épilogue. Un tel choix, en 2016, relève d'une conception bien singulière de ce chef-d'œuvre absolu, tout comme l'idée de faire accompagner les récitatifs au piano. D'autre part, le chef autorise de nombreuses ornementations vocales d'un goût parfois discutable. Plus que cette direction à la fois fascinante et irritante, c'est d'abord le splendide Don Giovanni de Gordon Bintner qu'il convient de saluer bien bas. 

LOUIS BILODEAU

 

A lire : notre édition de Don Giovanni, L’Avant-Scène Opéra n° 172.




Daniel Okulitch (Leporello) et Gordon Bintner (Don Giovanni).
Photos : Yves Renaud.


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