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Critiques cd-dvd et livres

SUSANNAH

Floyd

Susan Hellman Spatafora (Susannah), Todd Donovan (Olin Blitch), Scott Wichael (Little Bat), Anthony Wright Webb (Sam), Brian Wehrle (Elder McLean), Benjamin Bloomfield (Elder Ott), Melissa Misener (Mrs. McLean), Robyn Rocklein (Mrs. Ott), St. Petersburg Opera Orchestra & Chorus, dir. Mark Sforzini, mise en scène : Michael Unger (St. Petersburgh, janvier-février 2014).

DVD Naxos. Notice, synopsis et sous-titrage en anglais seulement. Distr. Outhere.

 

Difficile d'échapper à sa carte de visite :  Susannah, opéra le plus joué aux États-Unis après Porgy and Bess. On fait moins de cas en Europe de cette œuvre qui apparaît plutôt comme une comédie musicale, certes efficace et pleine de l'énergie et de la fraîcheur du jeune homme qui l'avait composée en quelques mois (1953-54), mais trouvant nombre d'équivalents, notamment chez Stephen Sondheim. Il y avait bien une certaine audace à prendre pour sujet, en plein maccarthysme, l'histoire d'une jeune femme d'origine modeste vivant avec un frère aimant mais trop souvent ivre, en butte à la vindicte unanime des habitants de son village sur la foi d'accusations non seulement infondées, mais retorses. Les dénonciations, les purges et les chasses aux sorcières liées au douloureux épisode historique de la Red Scare (terreur rouge) sont ici décentrées sur le domaine de la religion et dénoncent une foi hypocrite. Alors qu'elle se baigne nue, dans un endroit isolé des regards où elle a coutume de procéder à ses ablutions, Susannah est aperçue par un groupe d'aînés (« elders ») qui l'accusent du diabolique dessein de les avoir soumis à la tentation. Susannah ayant pour principal défaut sa grande beauté qui attire la convoitise de bien des hommes, les épouses jalouses ont elles aussi l'accusation et l'ostracisme faciles.

 

L'écriture vocale Carlisle Floyd n'invente absolument rien mais fonctionne à merveille et permet aux interprètes de donner le meilleur d'eux-mêmes. La soprano Susan Hellman Spatafora projette ses airs - Floyd a été généreux en la matière - avec clarté, puissance et souplesse, et nous gratifie d'une sémillante présence scénique. On ne peut guère lui reprocher, comme à chacun des chanteurs, et c'est là de toute évidence le choix de Michael Unger, un jeu très appuyé, souligné par force mimiques qui frôlent le burlesque, et un étalage de pathos qui a manifestement bien plus à voir avec les codes de la sitcom qu'avec un quelconque second degré. Les rôles secondaires sont bien tenus dans l'ensemble et le pasteur Blitch - dont l'entrée en scène interrompt par un cantique, bien terrien lui aussi, un quadrille en forme de clin d'œil au prélude de la Partita pour violon en mi majeur de Bach - développe une puissance à la fois massive et gouailleuse qui sied parfaitement à son personnage. Sam, le frère chasseur, rayonne grâce à la clarté et à la grande fluidité vocales du ténor Anthony Wright Webb. Par comparaison, Scott Wichael, autre ténor, campe un Little Bat (un adolescent forcé à faire un faux aveu sur sa supposée séduction par Susannah) bien peu subtil, et Fred Frabotta (encore un ténor) nous vaut un Elder Gleaton poussif. Les épouses des quatre « elders » se complètent bien par leurs registres vocaux et scéniques, mais se situent clairement dans une vocalité de comédie musicale. Dans cette orchestration assez banale et plutôt épaisse, le St. Petersburg Opera Orchestra remplit honnêtement sa fonction, mais on lui préfère le chœur de la même maison, qui fait vraiment vibrer les abondants cantiques et ménage un bel effet lorsque la congrégation, chantant bouche fermée, s'éloigne de chez Susannah.

 

Certes, l'Opéra de St. Petersburg, Floride, n'est pas le Met. Mais on s'attendait à une production plus ambitieuse. Un seul élément de décor (la structure ajourée d'une maison villageoise, qui symbolise aussi l'église), des costumes réalistes façon western, quelques éclairages, et le tour est joué. Le livret expose et explique tout, et Michael Unger n'a visiblement pas souhaité le transgresser en jouant le puissant atout dramaturgique de la suggestion. Si l'on ajoute à ce tableau mitigé une prise de vue minimale et bien trop statique (seulement deux types de plans, moyen et large), et une prise de son calamiteuse (les points de captation, comme la qualité des micros, changent selon les scènes, entraînant d'affreuses ruptures d'ambiance, et la qualité générale du son est très mauvaise), on se dit que ce film ne vaut qu'en tant que trace d'une production de belle qualité vocale.

Pierre Rigaudière

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