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Critiques cd-dvd et livres

LULU Révérence

Berg

 

Evelyn Lear (Lulu), Paul Schoeffler (Dr Schön), Rudolf Schock (Alva), Gisela Litz (Comtesse Geschwitz), Josef Knapp (Schigolch), Kurt Equiluz (Der Maler), Peter Klein (Der Prinz), Hans Braun (Rodrigo), Guido Wieland (Der Medizinalrat), Magaret Ast (Ein Gymnasiast), Hilde Konetzni (Ein Theatergarderobiere), Alois Pernerstorfer (Der Tierbändiger). Wiener Symphoniker, dir. Karl Böhm, mise en scène : Rudolf Schenk (Vienne, Theater an der Wien, 9 juin 1962).

Arthaus 101687. Distr. Harmonia Mundi.

 

Passez outre l'image tassée de la captation télé et le noir et blanc daté qui affadit les plans éloignés (rares de toute façon), car le document est prodigieux. Si Böhm affiche dans son intégrale discographique de 1968 la Lulu de Lear et le seul Dr Schön que Dietrich Fischer-Dieskau chantera jamais, on n'espérait plus retrouver Lear brûlant les planches dans la création viennoise de l'œuvre imposée par Böhm à force de patience et d'opiniâtreté. Pourtant la télévision autrichienne avait filmé la première dont l'affiche laissait rêveur : Schöffler, Equiluz, Schock, Lear, Litz, quelle équipe ! Eh bien la voici, exhumée des archives et plus vivante qu'aucune autre.

Le spectacle rapide et fiévreux réglé au cordeau par Rudolf Schenk, probablement son opus majeur au côté de son inoxydable Rosenkavalier, avec ses références à la Vienne de Berg - le peintre, c'est Klimt ! -, reste très près de l'esprit du théâtre de Wedekind : ironie constante, réalisme social implacable, sens du timing dramatique que même les apartés poétiques ne distendent pas. Tout ce que la musique de Berg enferme si puissamment et si délicatement à la fois dans sa gangue sonore est ici réalisé avec un sens du détail révélateur : ainsi le pistolet qui tuera Schön allant en musique de la victime à la meurtrière au point qu'on ne sait plus qui est l'une ou l'autre. Remarquable travail de fidélité à l'esprit et à la lettre de l'œuvre. Depuis, Lulu est devenue un mythe, ici elle est encore la créature originelle dépeinte dans L'Esprit de la Terre et dans La Boîte de Pandore.

Si l'on admire le vrai belcanto qui permet à Lear, décidément très fine actrice, mais aussi à Schock, tout deux admirables de timbre, de tenue, de ligne, d'exactitude dans les rythmes et dans les accents, de transcender l'écriture vocale souvent impossible de Berg, c'est devant le Dr Schön de Paul Schoeffler qu'on rend les armes. à soixante-cinq ans, il a l'âge du rôle et l'autorité mordante, la violence, la suffisance du grand patron de presse. Quelle gueule, quelle présence ! Quel acteur ! Son inéluctable descente aux enfers le vide littéralement et son « Der Teufel » amer, ironique, lâché en un souffle, donne le frisson. Incarnation majeure qui redore le blason d'un chanteur dont on a fait, les années passant, un simple troupier alors qu'il fut bien le grand baryton viennois de son temps. Formidable Kurt Equiluz pour un Peintre idéalement fragile et suprêmement bien chantant avec, déjà, ce ténor clair à la Karl Erb qui en fera bientôt le grand évangéliste que l'on sait, et des seconds rôles incroyables de présence ! Josef Knapp, Schigolch sans façon, presque débonnaire ; Peter Klein et son ténor mordant pour le Prince, et même Hilde Konetzni pour l'Habilleuse : une troupe comme Vienne n'en verra plus d'ici quelques années. Autre incarnation majeure, la Geschwitz remarquablement bien chantée de Gisela Litz, avouant dans le mélodrame de la scène finale son amour pour Lulu avec un art de tragédienne clouant.

Sur tout ce théâtre si vivant, si touchant, Karl Böhm met un orchestre agile et rapide, trouvant à Vienne les sonorités naturelles de Berg, tissant une prodigieuse étoffe sonore, mouvante, miroitante, poétique, mais toujours inféodée à la fulgurance de l'action dramatique. Soirée historique, indispensable. Et maintenant, à quand l'exhumation de la production de Wieland Wagner filmée par la télévision allemande ? Pour Lulu, les archives n'ont pas dit leur dernier mot.

Jean-Charles Hoffelé

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