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LES INDES GALANTES

Rameau


Amel Brahim-Djelloul (Hébé, Fatime, Phani), Judith Van Wanroij (Emilie, Atalide), Olivera Topalovic (Amour, Zima), Anders Dahlin (Valère, Tacmas, Carlos, Damon), Nathan Berg (Huascar), Benoît Arnould (Bellone, Alvar), Eugénie Warnier (Roxane), Vittorio Prato (Osman), Thomas Dolié (Adario), Ch. de l'Opéra national de Bordeaux, Les Talens lyriques, dir. Christophe Rousset, mise en scène: Laura Scozzi (Bordeaux, 2014).

DVD Opéra de Bordeaux/Alpha 510. Distr. Outhere.

 

Filmé en février 2014 à l'Opéra de Bordeaux, ce spectacle coproduit avec le Capitole ne pourra laisser indifférents ceux qui croient bien connaître Les Indes, peut-être l'opéra le plus fréquenté de Rameau. Un mot, d'abord, de la version représentée, celle dite « de Toulouse » (1750) : outre diverses coupures (dommageables aux « scènes » du Turc généreux et des Sauvages), elle propose une variante de l'entrée des Fleurs, qui ne met plus désormais en scène deux femmes et deux hommes mais trois femmes et un seul homme, omet le beau quatuor mais intègre la brillante aria italienne « Fra le pupille » (que l'on retrouvera citée dans... Capriccio !). Si, d'un point de vue dramatique, cette version n'offre aucun progrès, elle se tient, musicalement, aussi bien que celle de 1735, d'autant que Les Talens lyriques la défendent avec vigueur (la Tempête !), mais sans beaucoup de grâce ni de souplesse. A bien des égards, ici, Rousset « tue le père », tant sa lecture, fruste et martiale (écoutez le tactus du récit d'Emilie, la carrure de la Chaconne finale) se démarque de celle de son mentor William Christie, sensuelle et douceâtre.

 

Il en va de même de l'interprétation sombre et didactique de la chorégraphe Laura Scozzi, très éloignée des aimables scénographies (Arias, Serban) auxquelles ont participé Les Arts Florissants. Le Prologue nous plonge dans un Eden verdoyant où de (fort beaux) danseurs des deux sexes s'ébattent nus comme des vers - l'image, frappante, cueille le spectateur à froid mais la chorégraphie, répétitive, ne rend pas justice aux divers caractères de la danse ramiste. Bellone (un soldat : exit l'ambigüité sexuelle) vient troubler ce paradis, enrôlant les hommes dans sa suite ; l'Amour (directrice d'une agence de voyage) envoie alors ses émissaires (trois scouts assez pénibles) aux quatre coins de la planète, afin de remédier aux effets néfastes de cette « civilisation ». Tel est le prétexte à la dénonciation du monde contemporain qui occupe les tableaux suivants : sur les bords d'une Turquie polluée où sévit le trafic de réfugiés, dans un Pérou où passeurs de drogue et gouvernement se défient à coups de roquettes, dans un Iran où l'on avilit, voile et torture les femmes, dans un Canada défiguré par les promoteurs. Si les situations choisies ne manquent pas de force (surtout au Pérou), le « discours » dénonciateur s'affiche de façon univoque (notamment dans les Fleurs, un tableau qui génère un persistant malaise), flirtant trop souvent avec le pamphlet ou la grosse farce, au détriment de la poésie et de la luxuriance du matériau musical. Aucun espace n'est concédé à l'imagination du spectateur, pas même - ce qui est le comble de la part d'une chorégraphe - durant les danses.

 

Heureusement la distribution parvient à transcender ces diktats. Se confirme ici le charme et la virtuosité d'Amel Brahim-Djelloul, prodigieuse dans un triple rôle faisant appel à des talents très divers, son soprano clair contrastant avec celui, plus charnu, de Judith Van Wanroij (parfaite Emilie). Souvent fade dans la tragédie lyrique, Anders Dahlin se tire avec brio de ses quatre incarnations, tandis que Nathan Berg, ailleurs si monochrome, campe un Huascar sidérant de brutalité, et Thomas Dolié un Adario vibrant. Les autres interprètes brillent moins (un Benoît Arnould au soutien précaire, un Vittorio Prato égaré, une Olivera Topalovic stridente) et le chœur de l'Opéra de Bordeaux, parfois relégué en coulisses, est épouvantable. Malgré tout, une interprétation pleine de sève dont il est difficile de décrocher...

Olivier Rouvière

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