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Critiques cd-dvd et livres

LE JOUR ET LA NUIT / ROSE-MOUSSE

Lecocq


Liliane Berton (Manola) [par erreur sur la pochette : « Manuela »], Lina Dachary (Béatrix), Michel Hamel (Miguel), Henri Bedex (le Prince Calabazas), Gaston Rey (Braseiro), Freda Betti (Sanchette). Orchestre Radio-Lyrique, dir. Roger Ellis (Paris, 1956).

 

Lina Dachary (Rose-Mousse), Aimé Doniat (Duterroir), Joseph Peyron (Davray), Catherine Maréchal (Olympe), Orchestre Lyrique de l'ORTF, dir. Jean-Claude Hartemann (Paris, 7 juillet 1965).

2 CD Malibran MR 778. Distr. Malibran.

 

Le Jour et la Nuit  fait partie des six ou huit ouvrages de Lecocq que tout lyricophile devrait connaître. Le retour de cet enregistrement tiré des archives de l'INA (et fugitivement révélé par Musidisc en 1991) offre l'occasion d'un rattrapage salutaire et, mieux encore, de s'offrir une heure et demie de bonheur sans mélange. Car on y retrouve toutes les qualités spécifiques - élégance mélodique, distinction harmonique, souci de l'exacte prosodie - de ce perfectionniste qu'Offenbach surnommait « le Meyerbeer [du Théâtre] de la Renaissance ». Créé en novembre 1881 au Théâtre des Nouveautés, treize mois après la mort d'Offenbach, cet opéra-bouffe semble s'autoriser quelques clins d'œil au rival disparu : l'ensemble loufoque du Parasol (« son para-ra-sol »), la chanson des Portugais ou l'air de Sanchette (« Mon cabaret ») ne feraient pas tache dans La Périchole.

 

L'action, située au Portugal, est plus qu'invraisemblable : pour échapper à la poursuite du vieux Calabazas, Manola (fiancée à Miguel) se fait passer pour Béatrix, la future épouse de l'ardent Braseiro... qui ne l'a jamais vue. L'arrivée prématurée de ce dernier, qui entend consommer le soir-même, rendrait la situation inextricable si, à la faveur de la nuit, Manola ne quittait la chambre conjugale pour laisser Béatrix remplir son devoir d'épouse. Braseiro n'y voit que du feu, la brune Béatrix est enchantée de la nuit mais, dans la journée, doit céder sa place à la blonde Manola... que Calabazas espère toujours mettre dans son lit. Sa charge de premier ministre lui en donne le pouvoir jusqu'à ce qu'il apprenne que le roi l'a destitué. Il s'en consolera car, comme il le chante, « Les Portugais sont toujours gais ! »

 

Le charme délicieux de la romance de Miguel (« Si c'est là qu'on appelle aimer ») place d'emblée la barre assez haut, Michel Hamel y est parfait. L'air de Manola (« Comme l'oiseau qui fuit ») semble annoncer Manon et l'on peut se demander si, dans Le Portrait de Manon, Massenet ne s'est pas souvenu du piquant duo « Tuons-nous ». Air à tiroir que les trois chansons de Manola, embarrassée pour redire à Braseiro ce qu'elle est censée lui avoir fredonné la nuit : « Ma mère m'a dit » dans le ton populaire, « Y'avait une fois un militaire » avec ra-ta-plan obligé, puis « Le Rossignol et la Fauvette », aux sous-entendus grivois, que Béatrix lui souffle en coulisse.

 

Manola, décidément bien servie (c'était en 1881 la jeune Marguerite Ugalde, venue de l'Opéra-Comique où elle avait créé Nicklausse) nous régale d'un autre grand air évolutif (« J'ai vu le jour ») qui commence comme une prémonition de Lakmé, se poursuit dans le ton du Serpent à plumes de Delibes pour finir par une strette endiablée. Liliane Berton, voix juvénile, diction limpide, n'a sans doute rien à envier à Mme Ugalde. Braseiro n'a que deux airs (« On était prêt » et « Je passais un jour dans la rue »), mais ils sont « tapés » et comme le rôle a été confié à Gaston Rey, vrai comédien-chanteur dont la présence récurrente crève la membrane du haut-parleur, on n'y résiste pas. Plus comédien que chanteur, Henri Bedex campe un Calabazas truculent comme avait dû l'être le directeur des Nouveautés, Jules Brasseur. Lina Dachary, l'étoile des émissions radio-lyriques des années 50, est un peu en retrait : un seul air pour Beatrix (« Certainement, c'est bien charmant »), du Lecocq de chez Lecocq, où elle est exemplaire.

 

Certes, dans Rose-Mousse, elle se taillera la part du lion. Mais, au fil de cette brève bluette tardive (1904), elle n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le trio initial (« Bouillie, purée, saucisse ») est prometteur, les couplets du rôle-titre (« Je suis Rose-Mousse » puis « J'aime à picorer les cerises ») charmants mais, dans son souci d'être au goût du jour, un peu canaille, Lecocq sacrifie cette élégance qui le distinguait. D'autant que la trivialité du livet ne lui offre rien d'assez saillant : dans une gargote où la patronne (Olympe) finit par tomber dans les bras de son cuisinier, un barbon (Duterroir) et un blanc-bec (Davray) font la cour à la pétulante Rose-Mousse. La qualité de la distribution n'empêche pas que, si les deux ouvrages ont en commun un échange de partenaires à la faveur de l'obscurité, c'est tout de même... le jour et la nuit.

Gérard Condé

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