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Critiques cd-dvd et livres

L'ANNEAU DU NIBELUNG

Wagner

 

Otto Wiener (Wotan), Marcel Cordes (Donner, Gunther), Horst Wilhelm (Froh), Gerhard Stolze (Loge), Grace Hoffman (Fricka, Siegrune, 2e Norne), Jutta Meyfarth (Freia, Sieglinde, Gutrune), Marga Höffgen (Erda), Otakar Kraus (Alberich), Erich Klaus (Mime), Walter Kreppel (Fasolt ), Peter Roth-Ehrang (Fafner), Gundula Janowitz (Woglinde), Elisabeth Schwarzenberg (Wellgunde, Ortlinde), Sieglinde Wagner (Flosshilde, Grimgerde), Fritz Uhl (Siegmund), Gottlob Frick (Hunding Hagen), Astrid Varnay (Brünnhilde / Walkyrie), Hans Hopf (Siegfried), Ingeborg Mousse-Felderer (Helmwige, l'Oiseau), Birgit Nilsson (Brünnhilde / Siegfried, Crépuscule), Margarete Bence (Waltraute / Crépuscule, Rossweisse), Elisabeth Schärtel (1ère Norne), Gertraud Hopf (3e Norne, Gerhilde), Anny Argy (Waltraute / Walkyrie), Erika Schubert (Schwertleite), Chœurs et Orchestre du Festival de Bayreuth, dir. Rudolf Kempe (live 1962).

 

CD Myto 00323-4-5-6. Distr. Abeille Musique.

 

Ring de Kempe à Bayreuth, An III. 1962 confirme ce que l'on sait déjà par ses deux versions éditées précédemment : Londres 1958, inégale mais autrement plus attachante que Bayreuth 1960, moins décevante pourtant que cette nouvelle version. La direction reste fluide et claire, montre un attachement à faire ressortir timbres, rythmes, dans un travail autrement délicat que le celui, tellurique, de Kna qui le précédait en cette fosse, mais manque de structuration dramatique (même le Prélude de L'Or du Rhin semble stagner au lieu de charrier son énergie liquide). Si cela souligne les rythmes dansants (on entend les trémolos de Meistersinger plus d'une fois), on peine à rester seulement pris par le discours, trop lent, trop tenu dans L'Or du Rhin, plus engagé dans La Walkyrie... Comme l'orchestre du Festival n'est pas dans ses plus belles sonorités (cuivres un peu plats, bois sans relief), et que la prise de son n'est vraiment pas non plus la meilleure de l'époque - avec fond de voix parasites au réveil de Brünnhilde - et vous ruine la Chevauchée ou le Prélude de l'acte III de Siegfried, on ne tarde pas à s'ennuyer quelque peu.

Mais c'est la distribution qui montre plus encore les limites du temps. Peu portée par le chef, elle n'est assurément pas plus inspirée par le metteur en scène (c'est, rappelons-le, Wolfgang Wagner, avec son prosaïsme si éloigné des vertiges de son frère). Théâtralité sans grande présence, et vocalité sans exception, que reste-t-il de mémorable ici ? Bien sur, on est à Bayreuth, ce qui nous vaut quelques grands noms bien connus (et enregistrés) par ailleurs. Mais qui attend avec impatience un Wotan aussi traînant, nasal et gris que Wiener, un Loge aussi laid - tant il est nasal, guttural, expressionniste et appuyé - que Stolze (mais au moins compose-t-il un vrai personnage, lui, ce qui n'est le cas de pratiquement personne ici) ? Qui rêverait d'une Sieglinde aussi peu enflammée, aussi terne d'aigus que Jutta Meyfarth (elle succède à Crespin, pas moins !), du Siegmund de Fritz Uhl, l'un des plus tristement laids et plats qui soient, du Siegfried sonore mais bien lourd de Hans Hopf, de la Waltraute sans vertige de Margarete Bence ? Pour Bayreuth, c'est bien l'installation triviale du règne du second rang. Wolfgang ne sut jamais rivaliser avec son frère en matière de distributions. En se refusant à reprendre ses vedettes des années cinquante, politique après tout louable de renouvellement nécessaire, il préféra créer de nouvelles sensations, qui furent majoritairement des flops.

Alors, quelle passion ressentir pour un Ring dont les vraies gloires sont une Woglinde à fondre de Janowitz, une Wellgunde à peine moins charmante de Schwarzenberg, une Nilsson assurément glorieuse, incontestable, mais distante, sans émotion - et si seule -, un Frick et sa noirceur bien connue, un beau Fafner de Kreppel, une honnête Fricka de Hoffmann, une profonde Erda de Höffgen ? Et même un Otakar Kraus, plus vipérin et prenant à Londres, se perd ici dans la battue qui ne le porte pas. Quant à Varnay, au timbre alourdi, à l'aigu un peu asséché, elle reste honorable, mais c'est à la décennie précédente qu'on ira la fêter. Quatre ans durant, ce Ring demeura sans exception. En voici une preuve de plus. Publication bien inutile.

Pierre Flinois

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