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Critiques cd-dvd et livres

GLI ORAZI E I CURIAZI

Cimarosa

 

Florain Mock (Publio Orazio), Andreas Karasiak (Marco Orazio), Kirsten Blaise (Orazia), Anna Bonitatibus (Curiazio), Lisa Larsson (Sabina), Tobias Schabel (Augure), Daniel Sütö (Sacerdote), Chœur et Orchestre du Ludwigsburger Schlossfestspiel, dir. Michael Hofstetter (live, 3 juillet 2005). CD Oehms Classics OC 910. Notice en allemand et en anglais. Livret en italien, anglais, allemand. Distr. Outhere.

 

Créé sans grand succès à La Fenice de Venise en 1796, Gli Orazi e i Curiazi devait rapidement devenir le plus célèbres des opéras sérias de Cimarosa et rester au répertoire jusque dans les premières décennies du XIXe siècle. Le sujet directement inspiré de la tragédie de Corneille, avec son mélange d'héroïsme et de sentimentalité que reflète bien la partition, en est sûrement la première raison. Dans cette période de grande agitation politique, les sentiments exacerbés et les fameux dilemmes cornéliens devaient singulièrement parler au public. Au-delà, la richesse de l'invention musicale et la beauté des airs - dont le célèbre « Quelle pupille tenere » adoré de Stendhal - en font un remarquable exemple d'œuvre de transition entre l'opéra séria finissant et le mélodrame tel que le codifiera Rossini dans ses grandes œuvres. Certes, le modèle reste celui du XVIIIe siècle, mais des signes d'évolution y sont perceptibles, notamment dans la façon de traiter l'action en tableaux et dans l'importance que prend le chœur en tant qu'interlocuteur des protagonistes. La manière dont ce chœur s'oppose en deux groupes - partisans et accusateurs d'Orazio - dans l'abrupte conclusion de l'opéra est tout à fait étonnante. La grande scène de la grotte du Temple d'Apollon, à la fin de l'acte II, est particulièrement significative. Précédée d'un superbe prélude au climat tout à fait préromantique, elle commence comme une scène d'ensemble et, après quelques beaux développements rhétoriques, se termine sur un époustouflant air de virtuosité avec chœur pour Curiazio. On pourrait citer aussi le duo de la séparation d'Orazia (la Camille de Corneille) et de Curiazio, que les interventions de l'Augure transforment en une véritable scène d'action. Si la distribution et le style vocal regardent encore nettement vers la tradition italienne, l'orchestration nous emmène du côté de la musique viennoise avec un usage raffiné des vents et des bois utilisés de façon concertante avec la voix.

 

A l'instar des versions qui l'ont précédé (Giulini 1952, De Bernart 1983), ce nouvel enregistrement offre une vision quelque peu déformée de l'ouvrage. En effet, la partition a été resserrée pour coller au format du concert, passant de trois à deux actes et perdant au passage pas moins d'une dizaine de scènes secondaires et de transition - pour la plupart en récitatif, mais qui devaient apporter une autre fluidité à une action dont les péripéties paraissent ici un peu juxtaposées. Du côté de la distribution, on notera que les typologies vocales ont été inversées pour les deux protagonistes. Curiazio, écrit pour le castrat Crescentini, était un soprano ; il est chanté ici par Anna Bonitatibus avec beaucoup de style et un beau timbre corsé, mais un rien de tension dans les parties les plus aigües. Quant à Orazia, destinée au mezzo de la célèbre Grassini, elle est confiée aux moyens du soprano lyrique-léger de Kirsten Blaise qui lui confère une suavité bien adaptée au personnage. Toutes deux excellent dans une écriture très ornée. Ecrit pour les moyens d'un baryténor chevronné, le rôle de Marco Orazio, entièrement sur le versant héroïque, met souvent Andreas Karasiak à rude épreuve. De belle carrure, l'Augure de Tobias Schabel s'impose avec une totale évidence tandis que Lisa Larsson est au meilleur d'elle-même dans le rôle épisodique de Sabina ; mais les deux autres rôles secondaires se révèlent juste passables. Excellent le chœur masculin, de même que l'orchestre du festival de Ludwigsburg dirigé par Michael Hofstetter dans ce qui constitue la première version vraiment idiomatique de cet opéra à l'importance historique évidente. On regrette simplement que l'édition choisie ne soit pas, sinon exhaustive, au moins un peu plus complète.

Alfred Caron

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